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VENDREDI

JOUR 17 : 42kms / 4h30 / D+ 41  
(même distance et même temps que pour le marathon…)

La mère vient gentiment m’apporter le thé, avec un tabouret afin que je m’installe pour boire tranquillement. Mais je n’ai pas trop l’habitude d’être accompagné par tant de monde… Il faut s’y faire ! (voir photo)

Wilson m’a dessiné un petit plan (voir ci-dessous) pour essayer de me repérer dans les jours qui viennent, car je n’ai pas de carte.  Vers 9h je me mets en route direction Namanga, une ville située à plus d'une centaine de kilomètres. Il m’a dit qu’il n’y a qu’à suivre la piste, et c’est tout droit. Facile à dire quand on a l’habitude, mais quand c’est la première fois, ce n’est pas évident de se repérer au milieu de nulle part, ou de ne pas avoir de doutes quand la route traverse la cour d’une école.  De plus les pistes sont un peu abimés avec la pluie de la veille, mais avec le soleil le sol va sécher rapidement. J'arrive quand même à la porte du Parc Safari Amboseli.

A un moment je me retrouve seul au milieu du bush. Je ne sais plus trop ou aller. Les infos sont succinctes, voir contradictoires, les durées et distances sont aléatoires. En fait les africains raisonnent plutôt en temps qu’en distance. Les repères ne sont pas les panneaux, il n'y en a pas de toute façon, mais les collines, les villages, les rochers, les arbres… Vers midi on m'indique qu'il y a un village dans 10 mn, mais sous un soleil à 45° il me faudra 3/4 h pour l’atteindre. C’était probablement une estimation pour une moto.

Quand je demande s’il y a la possibilité de manger, on m’emmène à la boucherie où de la viande crue pend au plafond, dans la chaleur, squattée par une colonie de mouches. Je demande si je peux manger : Pas de problème. Rapidement ? Pas de problème : en 15 minutes c’est possible.  Je commande de l'ugali en accompagnement de cette viande, et je m'installe au bar ou on m’offre une bière. 

Le repas arrive une heure plus tard. Cela me donne du temps pour discuter avec ces nouveaux amis. Il me proposent un guide à moto pour l'après midi pour 2000 shillings (16€)  Je crois que je n'ai pas le choix, pour eux c'est comme si c'était fait. Alors j’accepte car le chemin n'a pas l'air très net, comme j’ai pu m’en rendre compte ce matin, et malgré les dires des habitants. Le repas arrive enfin, et mes deux compagnons piochent aussi dans le même plat que moi. Je ne savais pas que je les avaient invités… on me réclame 800 shillings pour le repas; pas le temps et pas envie de négocier (dans les 7 €). Richard le guide me précède donc à moto après cette halte bienfaisante.( Je ne regrette pas d’avoir fait ce choix.) Au bout de trente minutes, il s’arrête pour prendre quelqu'un : un guide officiel du parc national qui connait la région et qui m’explique nous sommes sur le chemin extérieur du parc, en me signalant quand même que c'est interdit. Mais c’est pour me montrer les animaux,  pour faire mon safari, et je comprendrai plus tard que ce sera aussi le prétexte pour faire monter la note...

C’est un chemin difficile, avec beaucoup de pierres. Il faut parfois s’arrêter, pousser, et je chute plusieurs fois. A un moment je chute sur le coté droit, et je m’érafle. Comme ça le gauche ne sera plus jaloux. (tant mieux, pour le moment c’était que le gauche qui s'était abimé).

Au bout de deux heures, Richard s'arrête et me dit que je peux continuer tout seul. Il suffit de suivre le chemin. J’ai déjà entendu ça plusieurs fois… Mais surtout, il me fait une recommandation insistante : il faut s'arrêter au prochain village pour la nuit, si je ne suis pas sûr d'arriver au village suivant qui se trouve 20 kms plus loin. Pourquoi ?  C'est une zone ou les lions rodent le soir pour chercher leur repas, et ça peut être dangereux… Donc ne pas s'engager sur la portion suivante si on n’est pas sur d’arriver. Et ne pas rester seul sous la tente au milieu du bush. C’est ce que j’avais l’intention de faire. J’ai compris.

Je continue donc ma route tout seul, en espérant d’après leurs descriptions un chemin correct et roulant. Mais ce n'était pas du tout le cas. Je ne sais pas si Richard a sous estimé la pénibilité de la route à vélo, ou n’a simplement pas voulu m'effrayer. En tous cas, volontairement ou pas ce n’était pas la vérité. Et ça je n’ai pas apprécié. Pas tant pour le chemin qui était vraiment difficile, mais pour le manque d’honnêteté. Des cailloux partout, du sable souvent. Avec mes douleurs au postérieur, et mes chutes du jour, l’équilibre est précaire sur ce terrain.Au bout d’un moment j’atteins enfin ce fameux groupe de petits villages, point de non-retour où je redemande mon chemin. Quelqu’un me confirme que c'est dangereux à ces heures-ci… Un autre prétend le contraire, et dit que j'ai le temps d'arriver au village suivant avant la nuit. Je décide de tenter le coup. Mais un vent de sable se lève, et la piste est difficile. Il faut marcher, pousser. Je m’enlise. je chreche mon chemin. Je prends alors la décision de faire demi-tour pour retourner au premier village. Je demande aux habitants qui arrivent s’il y aurait un endroit pour planter ma tente. Après un très court conciliabule et ils me répondent directement non, par deux fois. D’accord, je n’insiste pas.

Un peu plus loin, je croise un autre groupe de villageois qui sont d’accord pour m’accueillir, mais il faut payer 10 000 shillings pour poser ma tente.. Au bout de quinze minutes je réussis à négocier à 6000 shillngs pour pouvoir m’installer dans l'enclos des chèvres. Je demande à ce que les photos soient comprises. C’est accordé. Mais ce n'est qu'au retour que j'ai vraiment réalisé la "faveur" qu'il m'ont faite : 6000 shillings, c'est 50 € ! Au prix d'un deux étoiles en France, j'étais dans un mille étoiles au Kenya...
Après une petite visite, et pendant que je m’installe, ils m'amènent le traditionnel thé. 5 hommes maassai restent là à me regardent monter la tente. J’ai surement payé pour leur faire aussi le spectacle. Au bout d’une heure deux des hommes sont toujours là, et n’arrêtent pas de réclamer un supplément, car pour eux je n'ai pas donné assez pour toutes les familles. Je fais comme s'il n’étaient pas là. Ils finissent par partir quand je commence à me laver. Je prépare mon repas, mais ce soir-là, pour une raison inconnue, le réchaud va s’arrêter avant la fin de la cuisson.  Ce sera donc riz à moitié cuit ou à moitié cru, comme on veut.