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VENDREDI

JOUR 10 : 104 km / 7h20 / D+ 1688 / Alt max 1420

Mais nous n’étions pas venus là pour nous prélasser.  Pas le temps de se reposer. Après un réveil à 5h30, départ à 7h sur nos vélos pour le tour de cette montagne isolée, la plus grande du monde. Heureusement le début se fait sur la route goudronnée. Cela donne un peu de répit à mon postérieur. Car la chute d’avant-hier a laissé des traces. Je suis obligé d’installer un coussin pour isoler la partie défectueuse.

Quand nous attaquons la piste, la situation devient plus tendue. Il faudra un moment pour que je trouve une position plus ou moins acceptable. Mais chaque pierre, chaque secousse, chaque trou provoque une douleur. C’est à dire quasiment toutes les secondes. En début d’après-midi, ne trouvant pas mon équilibre habituel sur le vélo, je chute deux fois sur l’endroit sensible. C’est terrible. Je suis obligé de m’allonger un moment, avant de pouvoir remonter, non sans difficultés sur le vélo.
Je commence à me demander si je vais arriver au bout…

Mais de toute façon, je n’avais pas envie de rester enfermer dans ma chambre en attendant le vol de retour. Ce n’était pas prévu au programme. Je suis venu ici pour accomplir une mission, et elle se fera.

Tout cela me rappelle les mêmes moments de questionnement pendant la Diagonale des fous, dans la descente de Cilaos, et le jour où j’ai été malade en Roumanie durant mon périple sur la route de l’Arménie. C’est dans ces situations les plus difficiles et les plus imprévues de mes aventures que j’ai acquis la certitude d’arriver au bout. Envers et contre tout. Et je crois qu’aujourd’hui cela va se vérifier encore. C’est au moment le plus dur que l’espoir est au plus haut, que le rêve est le plus présent. Quel paradoxe. Peut-être sublimé par l’effort. Ou par une touche d’inconscience. Mais c’est ce qui me motive encore plus. Moralement je me sens redevable envers tous ceux qui m'encouragent, et cela m'aide à avancer et me réconforte.

Après une centaine de kilomètres, (et après avoir retrouvé le chemin perdu), nous arrivons finalement au camp Rongaï où nous passerons la nuit dans un cadre idyllique. C’est le point de départ de l’ascension par la voie Coca, qui a la réputation d’être la plus facile.