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MERCREDI, jour de départ


JOUR 1 : LYON-AMSTERDAM / 1 H 45 / 734 km

Un peu de stress durant ces dernières journées, dans la crainte de ne pas arriver au bout de ce qui était prévu avant de s'envoler, en termes de préparation, dossiers à finir, et entrainement. Et c'est ce qui s'est passé. Mais pas de conséquences graves, heureusement. 

Dernier jogging ce matin à 6h, histoire de ne pas laisser les muscles oublier comment il faut faire en course à pied. Ils n'ont pas beaucoup de mémoire, vous savez. Et de plus ils la perdent avec l'âge : c'est mon médecin qui me l'a dit. Alors plus on vieillit, plus il faut se rappeler à leur souvenir. Quand je suis revenu d'Arménie, après avoir arrêté la course à pied pendant plus de trois mois, la reprise a été difficile. La première sorite - à peine 3/4h en courant et marchant - m'a presque empêché de marcher pendant trois jours.

Encore un dernier rendez-vous media à l'aéroport de Lyon, avec une interview programmée pour Phare FM.

Après mes aventures à La Réunion et dans le Caucase, me voici aujourd'hui en partance pour l'Afrique. Vous allez découvrir les moments de bonheur que j'ai vécus, mais aussi les moments de douleurs, quand j'ai failli abandonner, et comment j'ai réussi à aller au delà de mes limites et de mes souffrances. 

Mais avant de partir dans le grand sud, il fallait remonter au Nord, en Hollande. L'avion prend parfois des voies détournées pour arriver au but, comme parfois les événements de la vie. La différence c'est que dans la vie, on ne le sait pas toujours à l'avance.

Une fois dans l'avion je réalise enfin que c'est vraiment le début. La pression retombe, et tous ces derniers mois repassent en vitesse rapide dans mon cerveau. Cela va faire ma troisième grande aventure, cette fois ci sans ma femme. Les autres fois elle a été présente, mais n'a pas participé. Mais elle est toujours là en soutien.

Je peux enfin commencer à entrer dans mon personnage d'aventurier, ma deuxième vie depuis quelques années. Rien ne me prédestinait à ça. La vie est peut-être un peu mal faite, dans le sens ou on devrait pouvoir profiter de ce genre d'activité quand on est plus jeune, en pleine forme, et plein d'énergie. Mais chacun a ses priorités et ses contraintes. Avoir des enfants à 50 ans serait plus compliqué. Il faudrait inventer un système pour prendre une partie de sa retraite en début de vie, et travailler plus à la fin. Puisqu'on vit plus longtemps maintenant. Peut-être un programme à proposer aux politiques ? 

Je ne regrette pas tout ce que j'ai vécu jusqu'à présent, bien au contraire. Il faut savoir faire des choix et gérer les étapes de l'existence. Et ne pas s'arc-bouter dans des principes et positions que l'on croit vérités éternelles, et qui s'effritent dans certaines circonstances suivant l'histoire que nous vivons. Mais nous avons aussi besoin de certitudes éternelles, en tous cas j'en ai besoin.

Arrivée à Amsterdam dans cet énorme aéroport de Schipol. A l'arrêt du bus, je demande à une jeune fille si l'on peut prendre le ticket à l'intérieur. Et là elle me propose un ticket gratuit dont elle n'a pas besoin. Ca commence bien.

Après 30 minutes dans la nuit hollandaise, me voilà arrivé à destination, puisque ce soir je suis hébergé par des WarmShowers. Il ne reste plus qu'à trouver l'adresse. Tout cette ambiance et cette architecture - que l'on retrouve dans toute la Hollande - me rappelle mes nombreux voyages effectués dans ce pays pour des raisons professionnelles. Les hollandais sont sympathiques, mais parfois rigides et stricts (en  tous cas chez eux). Mais efficaces. Il ne faut pas oublier qu'ils ont comme voisins les allemands. 

Et là, à toute heure du jour ou de la nuit, il y a des vélos. Tous les mêmes. Tous un peu tristes et sérieux quand même. Comme l'austérité de leurs utilisateurs. Des vélos partout, dans l'attente impatiente de leur propriétaire qui va les enfourcher, d'autres se déplaçant, et d'autres abandonnés.

C'est toujours surprenant de voir un peuple à vélo, du plus jeune au plus ainé. D'accord, on peut leur accorder le fait qu'il n'y a pas beaucoup de montagnes chez eux.  Mais la moyenne parcourue par année par un français est 10 fois moins importante que celle d'un hollandais.

Le couple chez qui je loge a déjà parcouru de nombreux pays à vélo depuis une quinzaine d'années. Et lui a 69 ans..! Je lui en aurai donné 50. Il va tous les jours à la piscine, se déplace en vélo, et fait de la gym à la maison. Un accueil très chaleureux. C'est l'occasion d'échanger sur nos expériences et nos parcours.