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MARDI

JOUR 13 : 44kms / 3h30 / D+ 313m  Taveta-Rombo

Je reprends la route, ou plutôt la piste en direction de Rombo. Il faut que je prononce au moins 5 fois le nom de cette ville quand je demande mon chemin, car ils ne comprennent pas. Au bout d’un moment je réalise que je n’ai pas l’accent adéquat. Il faut dire Rrrrombo, et tout va mieux.
Sur la piste, il faut souvent choisir entre le risque de prendre une épine, en roulant au bord à droite ou à gauche où la zone est un peu plus roulante, ou circuler plus au centre sans ces risques, mais avec plus de cailloux et de bosses. Quel dilemme, surtout que depuis ce matin je n'arrive pas à trouver ma position pour éviter les douleurs. Au bout d’une heure, j'arrive à avancer un peu plus vite car j’expérimente une nouvelle rechnique pour me caler.

Je repense à cette question que j’entendais ces derniers jours (en swhaili), et je viens simplement de la comprendre. « Ou vas tu «  ? C’est étonnant, car c’est exactement la même question qui m’était posée durant mon long voyage vers l’Arménie en 2012. C’est très intriguant pour eux. Quelqu’un sur un vélo tout seul, où peut-il aller ? Leurs déplacements à vélo ont toujours un but, et sont utilitaires. Quand je leur dit que je veux aller au village de Rrrombo (environ 50 kms) ils répondent que c'est très très loin, rigolent ou font une mine désespérée , et doutent que j'y arrive avec ce vélo. Mais leur notion est plutôt une notion de temps que de distance, vu l'état des routes.

Cette journée a été fatigante. 5 h de route avec le coccyx qui fait mal à chaque tour de roue. J’arrive finalement à Rombo, et je demande Tipape, mon contact. Personne ne le connaît. J'avance. Un homme me fait signe. Je vais vers lui, et je réalise que c'est Tipape lui-même qui m'attendait. Nous ne nous étions jamais rencontrés, simplement quelques échanges par internet grâce à un ami commun. Après une longue attente, mais en Afrique on a le temps, nous allons faire quelques courses. Il m'emmène ensuite chez lui dans sa maison familiale. Je le suis derrière sa moto sur plusieurs kilomètres, sur un sentier étroit, au travers du bush, des arbres, des rochers et nous arrivons au petit hameau ou vit sa famille. Ses parents, ses oncles et tantes, chacun a sa maison, et ils partagent cette terre de leurs ancêtres. Lui a construit une petite maison pour sa famille, mais n’y revient que tous les 2 mois. Il travaille à Nairobi dans une ONG. Je décide de rester ici le lendemain, car il a prévu pour moi tout un programme, et la visite d’une école.